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Récits
Chanter comme un choriste, ou comme un soliste ?
Activité - Récits
Écrit par Kodjo   
Lundi, 14 Septembre 2009 21:51
Faut-il chanter au sein d'un choeur comme un choriste, ou un soliste ?
Ainsi posée, cette question en appelle d'autres :
  • Y a-t-il différentes manières de chanter entre un soliste un un choriste ?
  • Un choriste n'est-il pas simplement un soliste qui s'ignore ?
  • Un choeur est-il l'adjonction de plusieurs solistes ?
  • Avons-nous une voix différente selon qu'on soit choriste ou soliste ?
  • La technique vocale est-elle différente ?
  • Pourquoi j'ai mal à la gorge après une répétition de choeur, et pas après mon cours de chant ?
  • Pourquoi le Sol est-il difficile à atteindre en choeur, alors que mon prof de chant me fait monter au Si bémol ?
Avant de tenter une ébauche de réponse, je précise que ceci n'est que le fruit de mon expérience personnelle, à la fois de pratique chorale et de technique vocale. Aucune conclusion définitive ne doit être tirée de cet article, mais simplement - je l'espère - quelques pistes de réflexion.
Dans l'absolu, la technique vocale n'est pas différente entre un choriste et un soliste. Dans les deux situations, un chanteur doit pouvoir s'appuyer sur un souffle maîtrisé grâce à des réflexes respiratoires et musculaires acquis au fruit de longues années de travail. Il lui est également demandé d'amplifier le son en jouant subtilement des résonances de poitrine, tête, sinus... pour produire un son harmonieux, agréable, véritable support de l'interprétation et de l'émotion.
Cependant, en confrontant chacune de ces exigences à la définition même des termes choriste et soliste, des divergences apparaissent.
La maîtrise du souffle du soliste est individuelle. Elle dépend de sa musculature, de sa capacité pulmonaire, de son entraînement personnel, de sa morphologie bref : elle est complexe et très personnelle.
Ainsi, dans une interprétation en tant que soliste, chaque chanteur aura le loisir, tout en respectant l'esprit du texte, de placer des respirations plus ou moins courtes, de conduire un souffle plus ou moins appuyé, pour produire un phrasé plus ou moins expressif.
Au bout de plusieurs répétitions, à la manière de l'entraînement d'un sportif, un cercle vertueux s'installe : le souffle est à chaque fois moins court, les valeurs longues ne tétanisent plus les muscles, le corps est plus souple, bref : on respire mieux et cela rejaillit positivement sur l'expression et le phrasé.
Dans un choeur, le souffle se construit collectivement. Les respirations sont coordonnées au minimum au sein du pupitre, voire du groupe tout entier. Pour se fondre dans le groupe, il faut parfois aller contre sa morphologie et ses habitudes, reprendre son souffle au rythme des autres, tenir ses phrases en pensant au groupe. Pour arriver au même niveau de fluidité et de souplesse, il faudrait beaucoup plus d'entraînement et de répétitions que les 30 à 40 annuelles  habituellement prévues.
Parlons maintenant de la résonance : ici, les différences morphologiques sont accentuées. Ce n'est pas pour rien que chaque individu a son propre timbre de voix, personnel et unique. Chaque détail de la constitution du chanteur peut influer sur le résultat final : l'amplitude (et la souplesse !!!) de la mâchoire, la forme des sinus, la taille des paumettes, la langue plus ou moins "encombrante" dans la bouche, etc.
En tant que soliste : pas de problème. Le timbre plaît, ou ne plaît pas : c'est affaire de goût personnel, et comme chacun sait, les goûts et les couleurs de timbre...
Mais l'essence même du choeur est la recherche d'un son de groupe, une sorte de timbre hybride et collectif qui serait le mélange de tous les timbres individuels. Et là, l'oreille est implacable : même un auditeur novice va immédiatement repérer le moindre timbre qui "ressort" du groupe.
A la rigueur, ce n'est même pas une question de force ou de puissance d'émission. C'est simplement un phénomène acoustique de l'oreille humaine pour laquelle, certaines fréquences semblent suramplifiées. Si votre timbre est centré sur ces fréquences, vous aurez beau baisser la puissance du souffle, rien à faire : vous serez entendu.
Reste la solution de chanter détimbré : si cette alternative paraît un bon compromis dans les notes graves, elle génère souvent une grande frustration. Vous savez, la répétition où, après 2 heures passées à "étouffer sa voix", on a envie de passer à autre chose. On met Carmen à fond dans la voiture et "To-ré-aa-dooor" !
Mais attention : surtout dans l'aigu, chanter détimbrer conduira inévitablement à une fatigue vocale, voire pire. C'est le problème bien connu des orateurs non avertis (certains enseignants par exemple). Des maux de gorge apparaissent en fin de répétition, on a envie de déglutir et de boire de l'eau pour faire passer tout ça. Persister dans cette voie (ou voix, selon) peut mener à une inflammation, une extinction de voix, bref une impasse.
Parfois, il vaut mieux faire semblant de chanter (façon playback), que de "mal" chanter et de finir par déchanter...
Cette analyse montre que, toutes proportions gardées, la situation d'un choriste est bien plus délicate que celle d'un soliste. Evidemment, la chute est moins brutale car amortie par l'ensemble du groupe. Une voix mal polie ou un souffle fragile sont parfaitement acceptables dans le groupe, mais insupportables chez un chanteur seul en scène.
Cependant, le soliste est seul maître à bord : il gère son souffle à sa guise, émet le son qui lui semble conforme à l'interprétation qu'il décide de produire. Alors que le choriste doit sans cesse s'inscrire dans un groupe, respirer avec le groupe, chercher un son de groupe, dans une interprétation commune impulsée par le Chef.
Pour finir, soulignons un point d'accord parfait - et non le moindre - entre le soliste et le choriste : il leur est demandé de savoir dépasser ces considérations techniques pour interpréter une oeuvre musicale, en faisant passer au public toute l'émotion qu'a (qu'ont) souhaité transmettre l'auteur et (ou) le compositeur. C'est bien ce que nous tentons de faire chaque mercredi chez Netonia, Quatuors en choeur.
Là est ma principale motivation, et je souhaitais la partager avec vous.
Kodjo
 
Un peu d'humour dans les chorales !
Activité - Récits
Écrit par tanfepatan   
Dimanche, 06 Septembre 2009 16:00

Règles d'or de la musique polyphonique:

· Exécute très sérieusement les exercices de technique vocale. Tu pourras ainsi chanter n'importe comment toute la soirée avec la conscience tranquille.

· Les indications de nuances, de liaisons, d'ornements ne doivent pas être observées. Elles ne sont là que pour embellir la partition.

· Arrête-toi à chaque signe de reprise et discute longuement pour savoir si on reprend ou non.

· Si tu te trompes, éclate de rire : cela fera tromper tes voisins et t'évitera de te sentir coupable.

· Si tu chantes une fausse note, jette un regard furieux vers tes voisins.

· Si tous les autres se trompent, suis ceux qui se trompent.

· Si par ta faute l'ensemble a dû s'arrêter, explique en détail pourquoi tu t'es trompé. Tout le monde sera très intéressé.

· Si tu es complètement perdu, arrête tout le monde et demande de redonner le ton.

· Une note juste au mauvais moment est une fausse note (et vice versa...)

· Une fausse note chantée avec timidité est une fausse note. Une fausse note chantée avec autorité est une interprétation.

· Si un passage est difficile, ralentis. S'il est facile, accélère. Tout s'arrangera à la fin.

· Quand tous les autres ont fini de chanter, tu ne dois pas chanter les notes qui te restent.

· Une interprétation authentique est réalisée quand il ne reste plus une note de l'original.

· Chantez tous la même œuvre.

· Heureux ceux qui n'ont pas l'oreille absolue, le royaume de la musique leur appartient.

Les musiciens et leurs chefs:

· Un chef de chœur est un homme qui sait très peu de choses sur un très grand nombre de sujets et qui, progressivement, en sait de moins en moins sur un nombre toujours plus grand de choses, jusqu'à ce qu'il ne sache pratiquement plus rien sur à peu près tout.

· Un musicien de conservatoire est un individu qui sait beaucoup de choses dans des domaines très limités jusqu'à ce que, finalement, il sache pratiquement tout sur à peu près rien.

. Un choriste averti tente de savoir tout sur tout, mais finit par ne plus savoir rien sur rien, et ceci est dû, en ce qui le concerne, à la fréquentation des chefs de chœur et des musiciens.

 

 
Stage d'été à Dole en 2009 PDF 
Activité - Récits
Écrit par tanfepatan   
Mercredi, 12 Août 2009 09:52
15 chanteurs et chanteuses motivé(e)s (et disponibles) sont arrivé(e)s ponctuellement de lundi 3 août à 14h00 pour le début de notre stage. Le beau temps s'annonçait, pas trop chaud, idéal pour un apprentissage que nous espérions tous efficace !
Installation habituelle dans nos chambres (c'était la 3ème année que nous nous retrouvions ici !), on récupère en vitesse nos partitions, pupitres, cafetière, théière et petits gâteaux ...
Premiers échauffements, premières lectures, chacun selon sa méthode d'apprentissage, qui avec les notes, qui avec les paroles, qui dans le brouillard, bref ça se met en place .....
Une pause, un petit air de piano pour nous rappeler que les pauses n'ont qu'un temps (rare en musique, des mesures à un temps ....), et on réenchaine jusqu'à 19h00.
Le repas dans le grand réfectoire où on est presque tous seuls !
Et comme tout le monde était en manque, on en redemande, et on y retourne de 20h30 à 21h30 !
Rendez vous le mardi à 8h15 pour le petit déj, certains mettront la semaine à comprendre que ce n'était pas à 8h00 .... Puis retour au chant (?) avec quelle volonté d'apprendre ! 9h00 12h00, puis 15h00 19h00 et enfin 20h30 21h30 !!!!....
Puis le mercredi ! Mais, de temps en temps, quelques moments de faiblesse ! Une pose, un carré de chocolat ! Et ça repart !
Le soir, on est parfois content d'avoir un beau coucher de soleil qui nous permet, en même temps que les photos, de prendre une pause forcée !
La bonne humeur est toujours là, quelques plaisanteries habituelles fusent et ponctuent les séances de travail et permettent un peu de détente au milieu de ces séances studieuses. Le chef nous décortique les successions d'accord et essaie de faire entrer dans nos têtes quelques subtilités de la musique !
Un mot sur les repas (il y a autre chose parfois à coté de la musique !): le chef (pas celui avec un diapason, celui avec une toque !) se surpasse de jour en jour et la qualité des repas a fait un bon en avant par rapport aux autres années ! ce sera difficile de trouver mieux !
Ouf, arrive le jeudi où nous décidons de faire une longue pose (12h00 17h00) pour le repos .... des cordes vocales !
C'est sans compter "certain" qui propose une balade (annoncée 12 km) pour se défouler un peu. 2 compères s'associent à ce "certain en question" et le départ a lieu avec un casse-croûte préparé par notre cuistot; ce sera le long de la Loue. On prend notre temps, on casse la croûte après quelques kilomètres, Jean prend les choses en main avec la carte; puis on prend conscience que l'heure tourne et qu'il va falloir accélérer le mouvement. Et les kilomètres défilent !... plus le temps de se reposer, et on accélère, et on accélère, et on accélère !
le GPS commence à voir rouge, d'autres aussi ! le soleil, comme par hasard est du mauvais coté quand il faut marcher vite. Sur les 3, nous avons un feu rouge qui s'illumine de plus en plus et qui cause de moins en moins .....
Le GPS annonce 6km/h .... et une arrivée à la voiture à 16h34 ... Nous arrivons à 35, démarrage sur les chapeaux de roue, clim à fond et vitres ouvertes pour rafraichir nos sportifs ! Arrivée à Mont Roland à 16h55 pour chanter à ... 17h00.
Une douche ! car nous étions dans un état !....
Et la répétition a déjà commencé quand nous arrivons ! Tout à notre concentration, nous ne voyons pas notre feu rouge de tout à l'heure devenir blanc, s'éclipser discrètement et ... avoir un malaise ! Il a dû prendre un coup de chaleur ! Les choses reviennent en ordre, plus de peur que de mal, puis notre compère retrouve sa couleur rose habituelle, mais l'organisateur de cette balade se fait traiter d'assassin (avec le sourire, je précise !.... car au lieu des 12 km prévus, nous en avions fait 17 !!!!).
La bonne humeur reprend, la musique tout aussi sérieusement !.....
Déjà vendredi, le matin avec un travail de détail, des séances en quatuor et un après-midi dans l'église; il faut dire que le programme Mariales, avec tous les Ave Maria s'y prête bien ! Un régal ! Même si tout n'est pas encore bien au point, nos essais dans l'église ont eu quelques moments honorables !....
Le soir, c'est déjà le pot habituel au Chalet du Mont Roland, avec des échanges sur le stage, le bilan pour chacun, et on évoque déjà quelques dates de rentrée !!!!
Le samedi matin, Pepping de 9h00 à midi !.... (déchiffrage +++)
Un dernier repas super (le chef -cuistot, je précise- semblait progresser de jour en jour) puis c'est le retour ....
A l'année prochaine !..... Toujours dans la bonne humeur !
Quoi ? Comment ? Avec Qui ?..... Et Pourquoi ?.....
 


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